Réseaux sociaux et médiation en entreprise

Réseaux sociaux et médiation en entreprise

Les RS (réseaux sociaux) jouent un rôle de médiation pour prolonger l’expérience client au-delà du point de vente. Pourtant, beaucoup d’entreprises marocaines ont une politique stricte interdisant l’usage des RS par les employés, qui sont pourtant les porte-parole de l’entreprise. Elles gagneraient à concevoir les RS comme une nouvelle forme de lien social permettant à la fois d’améliorer la qualité de vie et la productivité des salariés. La vraie question aujourd’hui est plutôt de savoir comment intégrer les RS à la stratégie globale de l’entreprise pour la création de valeur pour l’ensemble des stakeholders.

Hatim BOUAZER

Que communiquent les entreprises sur le capital immatèriel ?

Que communiquent les entreprises sur le capital immatèriel ?

Les rapports internationaux comme les recherches académiques et professionnelles s’accordent à dire que les principaux facteurs de création de valeur des entreprises sont invisibles. Les modèles comptables et de communication financière actuels semblent être déconnectés de la réalité économique des entreprises et ne permettent pas de rendre compte de leur richesse immatérielle : les connaissances, la mobilisation des collaborateurs, l’apprentissage, l’innovation, l’organisation, la fidélité des clients, etc. Ce papier se propose d’aborder les principaux enjeux et défis comptables, managériaux et communicationnels des actifs immatériels pour les entreprises.

Web social et e-réputation : les nouvelles e-règles du jeu

Web social et e-réputation : les nouvelles e-règles du jeu

Avec l’émergence du Web 2.0 et l’avènement des réseaux sociaux,
l’e-réputation est devenue un enjeu stratégique majeur pour l’entreprise et l’objet d’une importante médiatisation. Compte tenu de la rapidité avec laquelle circule l’information et de la multiplication de ses sources, celle-ci doit faire face à l’inévitable perte de contrôle de ce qui se dit sur Internet à propos de sa marque et de son image. Face à la profusion d’informations qui en découle, quels sont les enjeux et les risques de l’e-réputation ? Est-il toujours possible pour les entreprises de contrôler leur e-réputation ? Et comment peuvent-elles le faire ?

Que devient le journalisme à l’ère des transformations médiatiques ?

Que devient le journalisme à l’ère des transformations médiatiques ?

Qu’en est-il au juste du devenir du métier (le journalisme) en ces temps de rapide transformation du champ et de l’écosystème qui l’englobe (les médias) ? Les aspects de réponse au niveau local sont imbriqués dans un contexte de mondialisation encore plus confus. Le chantier est certes ouvert, mais sans offre crédible pour y répondre, du moins pour l’instant.


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L'entreprise à l'ère de l'immatériel

lors que le Maroc, conscient de l’importance de la richesse immatérielle des nations, s’est lancé dans l’évaluation de son capital immatériel, ce dossier Economia qui porte sur « l’entreprise à l’ère de l’immatériel » propose de relancer le débat sur les enjeux et défis qu’implique le capital immatériel tant au niveau macro que micro-économique.

Les chiffres, c'est aussi un pouvoir arbitraire

L’une des définitions des régimes hybrides, comme le nôtre, que l’on pourrait appeler également semi-autocratique, est que la règle ne dépend pas de principes fixes mais de contextes mouvants. Par conséquent, les concepts sacro-saints de transparence, du droit d’accès à l’information, de concurrence loyale, quoique inscrits dans les textes ou développés sous forme de procédures, peuvent à tout instant être relativisés, adoptés a minima, voire ignorés, parce que l’intérêt du moment n’y était pas favorable.

L’Amérique et les musulmans : changement d’ère

Le mardi 21 mars 2017. Ce jour-là, ayant pris l’avion pour Chicago via Paris, j’ai appris à mon arrivée que les avions décollant du Maroc, sur la RAM, vers les Etats Unis ne pouvaient plus autoriser les passagers à faire usage en cabine d’ordinateurs portables ni même de tablettes. Deux mois plus tôt, alors que le président nouvellement élu, Donald Trump annonçait unilatéralement le « muslim ban », décret discriminatoire envers six pays du Moyen Orient.

Femmes entrepreneurs

Evoquer le 8 mars les femmes entrepreneurs est un classique ! Pourtant aujourd’hui j’ai eu envie de zoomer sur deux publications récentes. La première, sur la difficulté des jeunes femmes, qui sont propulsées à la tête de l’entreprise familiale dans des secteurs d’activité très masculins (transport, industrie lourde..)

 

Comment dépasser la société rentière

Comment dépasser la société rentière

Auteur : Abdelali Benamour

 

 

 

Une invite au rêve, quoi de plus approprié pour commencer une nouvelle  année sous de bons auspices ! Le livre d’Abdelali Benamour est sorti en 2016, quelques mois avant la fin de l’année. L’auteur est une personnalité publique bien connue, il  assure actuellement la présidence du Conseil de la Concurrence, mais il a eu dans son itinéraire plusieurs parcours tout aussi intéressants ; enseignant chercheur, fondateur et PDG de l'Institut des Hautes Études de Management (HEM) en 1988, ancien député de l’USFP à Casablanca, il a également été Président de l'Association "Alternatives" (1995 – 2002). Ainsi le chercheur en économie, le pédagogue, et le militant sont inséparables dans son cheminement  comme dans sa personnalité. Cet  essai de 250 pages est une réflexion  sur la situation socio-économique et politique du Maroc et ses perspectives d'émergence. Réparti en cinq chapitres, l’essai  qualifie le Maroc de société rentière en lente transition, et pour mieux l’identifier, Benamour aborde les différentes grandes expressions  de cette rente dans le contexte national  les plaçant dans une perspective historique. 

Le comportement rentier diffus marque profondément l’ensemble de la  société marocaine, mais il caractérise aussi les organisations de représentation de celle-ci. La rente  d’abord  sociale  se double d’une autre qualifiée de religieuse, laquelle  est  répartie d’abord entre instances religieuses traditionnelles et  gouvernants, mais se retrouve aussi en troisième lieu dans la   sphère  dite idéologico-islamiste, se manifestant entre autres,  dans le salafisme jihadiste, meurtrier et sanglant.

Benamour n’hésite pas à mettre à nu les paradoxes de cette catégorie de rentes ; il écrit à ce propos : « on met en évidence la morale dans les comportements sociaux, mais les relations socio-économiques perdent énormément en termes de confiance et la corruption prend des proportions exorbitantes ».

La troisième catégorie de rentes qui sévissent au Maroc est politique selon Benamour, elle a tout d’abord un caractère institutionnel, mais émane aussi des dysfonctionnements internes des structures politiques, et de certaines dimensions culturelles de la politique marocaine.  Enfin la rente économique est citée en dernier, illustrée par les dysfonctionnements du marché dans leur globalité, tout en étant  aussi des rentes drainées par des milieux « politiquement connectés ». Partant de ce constat, l’auteur propose pour alternative le rêve d’un système de valeurs à travers ce qu’il appelle une charte de citoyenneté, ce qui signifie d’abord le rêve d’un Etat démocratique, fort et sans rentes indues.

A travers un diagnostic politique, l’auteur note l’histoire  d’une  lutte acharnée autour du pouvoir de 1956 à 1998,  puis une période d’apaisement avec le Roi Mohamed VI  mais où la faiblesse grandissante des partis politiques et de leur représentativité, accompagnée  de la  lancée conservatrice du PJD,  ne cessent de susciter les inquiétudes. Que faut- il alors pour retrouver une « faisabilité » pour  ce rêve ?  Benamour constate : « Ce qui est paradoxal, c’est que ce regain de religiosité ne s’accompagne pas réellement de la mise en évidence des valeurs fondamentales proclamées aussi bien par l’Islam que par les acquis universels ; nous assistons en fait à une réelle panne en termes de valeurs ; on se proclame de la spiritualité musulmane, mais dans les faits on réduit souvent l’islam à des interdits qui frisent parfois le ridicule ; on va certes à la mosquée, mais les chaines de solidarité s’affaiblissent ».

 Il cite la nécessité de préciser le référentiel religieux pour mieux le délimiter vis-à-vis de la sphère politique ; la clarification de la séparation des pouvoirs et leur répartition au niveau de l’exécutif ; mais il note aussi « la perte de représentativité de nos organisations politiques … notre système électoral éparpille le champ politique et ne permet pas l’émergence de majorités claires » et propose la recomposition du champ politique avec l’adoption d’une représentation électorale menant à des majorités claires ; la mise en place d’une régionalisation réelle et la décongestion de l’Etat,   par son recentrage sur  ses fonctions de base et le renvoi des autres à des structures plus appropriées.

Dans cette lecture politique, Benamour apporte une perspective  précise en termes d’analyse. Tout en sauvegardant  la  modération, la  cohérence  et un certain  pragmatisme il adopte  beaucoup de rigueur dans l’identification des réformes et la définition des acteurs qui devront les porter .  Toutefois,  si on prend  en compte la nature et les profondes caractéristiques  des parties concernées, les propositions alternatives de l’auteur défient et  paraissent   difficiles sinon quasiment utopiques aujourd’hui. Est- ce la raison pour laquelle il a tenu à parler de rêve  ?! Peut être.

Sur le plan économique, l’auteur s’appuie aussi sur la même approche allant d’une analyse des facteurs à des propositions  alternatives. Il relate ainsi la longue période de « tâtonnements » s’étalant  depuis l’indépendance jusqu’au programme d’ajustement structurel (1956-1983). Il considère que la  deuxième phase, celle d’avant le gouvernement de l’alternance en 1998,  n’était qu’une démarche de réforme inachevée. Ce fut ensuite un parcours de redressement jusqu’au 20 février 2011, dont la suite a des caractéristiques spécifiques avec la nouvelle constitution et l’émergence du PJD et du  gouvernement Abdel Ilah Benkirane.

 En tout cas, à la fin du  mandat de celui-ci en tant que premier chef de gouvernement, dans un nouveau contexte politique et économique, le Maroc  a pour bilan une compétitivité économique insuffisante pour assurer la logique d’émergence et ce, malgré beaucoup de données économiques encourageantes.

 A ce niveau aussi, des inquiétudes s’installent autour de résultats économiques en demi-teinte et  des retards majeurs relatifs à des réformes primordiales en justice et en éducation. Benamour note ainsi « on semble vivre dans une sorte de cercle vicieux sociétal au moment même où les potentialités  du pays sont réelles ». Il incrimine à ce propos « le faible niveau de conscience politique » chez « une bonne partie » des Marocains et  le positionnement « assez conservateur des élites». Il écrit : « L’une des inconséquences les plus pénibles me semble être liée au fait que beaucoup de Marocains n’ont pas encore pris conscience de l’impératif de mériter pour gagner, ni de produire avant de répartir ».

Pour que s’accomplisse le rêve de Benamour, il appelle  au redéploiement de l’action économique dans quatre directions ; une action soutenue contre les rentes notamment par le biais d’une nouvelle législation de régulation du marché, une « synthèse » entre la compétitivité et l’action sociale, une synthèse tout aussi nécessaire entre l’entreprenariat d’adaptation à la mondialisation et l’auto entreprenariat indispensable à l’emploi, et consacrer enfin la priorité aux secteurs d’avenir. En appui à ces grandes options,  il appelle à mettre en évidence deux choix horizontaux : l’entreprenariat et la recherche axée sur les secteurs prioritaires et des universités de pointe.

Le cinquième et dernier chapitre de cet essai se trouve consacré au  rêve  dans sa dimension sociale, où il évoque un modèle viable assurant  protection et égalité des chances et « sans rentes indues ». Au niveau de l’analyse, l’auteur rappelle   le bilan   national marqué par un déficit en développement humain, la persistance de la pauvreté et des inégalités, ainsi que l’expansion de  l’intégrisme religieux. La priorité  aux réformes dans ce champ repose sur  un social  qui, sur le plan individuel respecte la logique du marché,  mais qui agit en faveur du renforcement des acquis à caractère collectif. La clé de voute ou l’outil  stratégique de ces réformes  concerne l’éducation et le système éducatif et de formation, la mise en place des valeurs de la qualité et du mérite. Il n’oublie pas à ce niveau encore  la nécessité de  se consacrer à  l’exercice des droits humains fondamentaux et à la  lutte contre les extrémismes religieux et communautaires.

En tout cas, pour Benamour, le Maroc se porte relativement bien mais pourrait se porter beaucoup mieux s’il s’engageait dans le démantèlement des blocages rentiers. Le mouvement du 20 février en son temps,  version marocaine du printemps dit arabe,  a signifié selon lui que le Maroc aspire à passer à une nouvelle étape de réformes « socio-économico-politiques profondes et plus difficiles » ; il s’agit aujourd’hui de mettre en place quatre grandes séries de réformes nécessaires, dont une charte de citoyenneté libératrice fondée sur les valeurs qui rassemblent profondément les Marocains ; une  gouvernance fondée sur une démocratisation réelle, une économie concurrentielle et un modèle social soucieux des droits humains fondamentaux.

Ce livre est une porte ouverte sur la réflexion comme élément préalable nécessaire à toute approche politique du contexte marocain. Il démontre  que la flamme de Benamour reste tout aussi d’actualité que trois  décennies auparavant, lorsqu’il évoquait une approche social-démocrate au sein de ses anciens irréductibles camarades de gauche ; ceux là même  dont la flamme s’est éteinte depuis longtemps !

Par : Bachir Znagui

 

D’une société de rente à une société de mérite

Rêvons le meilleur pour le Maroc

Par Abdelali  Benamour

Editions : La Croisée des chemins

Prix: 80 DH / 16 €


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